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Matomo vs Google Analytics : le choix du respect (et de la fiabilité) pour vos sites WordPress

Vous avez un site WordPress et vous vous demandez s’il faut rester sur Google Analytics ou passer à Matomo ? Chez Esperluat, nous avons fait le choix de Matomo pour les sites que nous hébergeons en infogérance, et nous vous expliquons pourquoi, en toute simplicité. La raison principale tient en un mot : le consentement. Depuis le RGPD, une bonne partie de vos visiteurs refuse les cookies, et avec Google Analytics, ces visiteurs disparaissent tout simplement de vos statistiques. Sur plusieurs des sites que nous suivons, c’était la moitié du trafic qui manquait à l’appel.

Le consentement : le vrai talon d’Achille de Google Analytics

Google Analytics dépose des cookies et envoie les données de vos visiteurs chez Google, aux États-Unis. En Europe, le RGPD et la directive ePrivacy imposent donc de demander l’accord du visiteur avant de le suivre : c’est le rôle de la fameuse bannière cookies.

Le problème, c’est que beaucoup de visiteurs cliquent sur « Refuser », et c’est leur droit le plus strict. Chaque refus, c’est une visite, un panier ou une vente qui n’existe pas dans vos statistiques. Vous pilotez alors votre site avec un tableau de bord à moitié vide, sans toujours le savoir.

S’ajoute une incertitude juridique : en 2022, la CNIL a jugé certains usages de Google Analytics non conformes, à cause des transferts de données vers les États-Unis. Le cadre actuel, le Data Privacy Framework, a remis les choses en ordre, mais ses deux prédécesseurs (Safe Harbor et Privacy Shield) ont été annulés par la justice européenne. Construire ses statistiques sur un socle aussi mouvant, ce n’est pas très rassurant.

Consent Mode v2 : la réponse de Google, et ses limites

Pour limiter la casse, Google propose le Consent Mode v2, obligatoire depuis mars 2024 pour utiliser ses outils publicitaires en Europe. Il existe en deux versions :

  • Le mode basique : aucune balise Google ne se déclenche sans consentement. C’est propre juridiquement, mais chaque refus reste une visite perdue.
  • Le mode avancé : les balises se chargent dès l’arrivée du visiteur et envoient des « pings » sans cookie même en cas de refus. Google s’en sert pour estimer ce qui manque.

Sur le papier, c’est séduisant. En pratique, nous y voyons plusieurs inconvénients :

  1. Sans lui, le trou est énorme. Sur plusieurs sites que nous suivons, l’absence de Consent Mode faisait disparaître 50 % du tracking. Une visite sur deux, invisible. Pire, les statistiques d’achat sont faussées car certaines ne sont pas suivies.
  2. Avec lui, une partie des chiffres est inventée. Les visites des personnes qui refusent ne sont pas mesurées, elles sont modélisées par l’algorithme de Google. Ce sont des estimations, pas des faits.
  3. La modélisation est réservée aux gros sites. D’après la documentation officielle de Google, elle ne fonctionne qu’en mode avancé, et seulement si votre site enregistre au moins 1 000 événements par jour de visiteurs qui refusent, pendant 7 jours, et au moins 1 000 utilisateurs par jour qui acceptent, au moins 7 jours sur 28. Même là, Google précise que l’éligibilité n’est pas garantie. Sinon, les visiteurs qui refusent ne sont tout simplement pas comptabilisés.
    Pour un site de PME ou une petite boutique WooCommerce, 1 000 visiteurs consentants par jour, c’est rarement atteint : la perte de données reste même avec le mode V2 activé.
  4. Une zone grise juridique. En mode avancé, des données partent vers Google avant que le visiteur ait dit oui. Beaucoup de juristes estiment que cela respecte mal l’esprit du consentement préalable.
  5. Une mise en place technique et fragile. Il faut une plateforme de gestion du consentement compatible, des signaux bien câblés, des tests réguliers. Une mise à jour de plugin ou de thème, et tout peut se dérégler sans bruit. Et ce n’est pas gratuit : chez plusieurs plugins de consentement populaires pour WordPress, le Consent Mode v2 est réservé à la version premium. C’est le cas de Complianz, où il faut une licence à partir de 59 € par an pour en profiter.
  6. Une dépendance totale à Google. Les règles, les modèles et les seuils sont décidés par Google, et peuvent changer du jour au lendemain. Vos données restent chez lui.

Pourquoi Matomo change la donne

Matomo est une solution de mesure d’audience libre et open source, née en Europe. Contrairement à Google Analytics, on peut l’installer sur son propre serveur : vos statistiques ne quittent jamais votre infrastructure.

Surtout, la CNIL reconnaît que Matomo, bien configuré, peut être exempté de consentement (fiche CNIL sur la mesure d’audience, guide de configuration CNIL). Les conditions sont claires :

  • les données servent uniquement à mesurer l’audience du site, pour son seul éditeur ;
  • elles ne sont jamais croisées avec d’autres fichiers ;
  • l’adresse IP est tronquée de son dernier octet ;
  • le visiteur est informé et peut s’opposer à la mesure.

Résultat : plus besoin de demander la permission pour compter vos visites. Vos statistiques reflètent enfin la réalité, refus ou pas. Et si votre site n’utilise pas d’autres traceurs, vous pouvez même vous passer de bannière cookies, ce que vos visiteurs apprécieront.

Google Analytics 4Matomo (auto-hébergé)
Consentement nécessaireOuiNon, si configuré selon la CNIL
Visiteurs qui refusentPerdus ou estimésComptés
Où sont les donnéesChez GoogleSur notre serveur, en France (OVH)
Données utilisées par un tiersPossibleJamais
Coût de la licenceGratuit (vous payez avec vos données)Gratuit (open source)

Notre méthode : mesurer à partir des logs du serveur, sans aucun traceur

Nous sommes allés encore plus loin que l’exemption CNIL : sur les sites que nous hébergeons, il n’y a ni code de suivi, ni cookie de mesure. Nous partons des journaux du serveur web, les fameux « logs », qui enregistrent déjà chaque page demandée. Le visiteur ne télécharge rien de plus, et votre site n’est pas ralenti.

En coulisses, voici, sans trop de jargon, ce que nous avons mis en place :

  1. Une collecte quotidienne. Chaque nuit, les logs de chaque site sont rapatriés sur notre serveur Matomo, puis importés.
  2. Un grand ménage. Les logs contiennent beaucoup de bruit : robots d’indexation, outils de surveillance, requêtes techniques de WordPress, images et fichiers CSS. Nous les filtrons, y compris les robots déguisés en navigateurs qui arrivent depuis des hébergeurs et des clouds. Sur un des sites, plus de la moitié des lignes de log venaient de ces robots.
  3. Des données minimisées. L’adresse IP est tronquée, les données restent sur notre serveur Matomo, hébergé en France chez OVH, et ne servent qu’à la mesure d’audience du site concerné. Rien n’est revendu ni croisé.
  4. Les ventes, côté serveur. Pour les boutiques WooCommerce, les commandes et les paniers sont transmis à Matomo directement par le serveur, après l’import des logs. On obtient le chiffre d’affaires, les produits vendus et même les paniers abandonnés, au panier ou au moment de payer, sans aucun traceur dans le navigateur.

Le résultat : des statistiques complètes et fiables, que nous avons vérifiées en comparant le chiffre d’affaires de Matomo avec celui de WooCommerce. Le tout, dans le respect du RGPD.

Une nuance honnête : le bruit des logs

Soyons transparents : les logs bruts ne sont pas parfaits. Ils enregistrent tout ce qui frappe à la porte du serveur, y compris des robots qui imitent parfaitement un vrai navigateur. Nos filtres en éliminent la plus grande partie, et nous les affinons régulièrement, mais un peu de bruit peut subsister dans les chiffres bruts.

Ce qui compte, c’est que l’évolution de vos visites reste bien plus fiable qu’avec Google Analytics. Les données viennent directement du serveur : elles ne sont ni estimées par un algorithme, ni amputées par les refus de consentement. Quand votre courbe monte ou descend, c’est que votre trafic monte ou descend vraiment.

Pourquoi nous nous passons du plugin Matomo pour WordPress

Pour intégrer Matomo à WordPress, le réflexe habituel est d’installer un plugin. Il en existe deux familles : Matomo for WordPress, qui fait tourner Matomo directement dans votre site, et les extensions qui ajoutent le code de suivi JavaScript dans vos pages. Nous avons choisi de n’utiliser ni l’un ni l’autre, pour cinq raisons :

  • Un site plus léger. Faire tourner Matomo dans WordPress alourdit la base de données et consomme des ressources à chaque visite. Avec les logs, votre site ne fait rien de plus qu’avant.
  • Moins de plugins, moins de risques. Chaque extension, c’est une mise à jour de plus et une porte d’entrée potentielle pour les pirates. Moins il y en a, mieux votre WordPress se porte.
  • Aucun bloqueur de publicité ne peut nous arrêter. Un code JavaScript de suivi est souvent bloqué par les extensions des navigateurs. Les logs du serveur, eux, voient passer toutes les visites.
  • Pas de conflit avec le cache. Les plugins d’optimisation qui diffèrent ou regroupent les scripts perturbent souvent le code de suivi. Ici, le problème n’existe pas.
  • Une instance unique pour tous vos sites. Toutes les statistiques sont centralisées sur un seul Matomo que nous administrons. Vous avez un accès client simple, et nous gérons les mises à jour.

Matomo inclus dans notre hébergement WordPress en infogérance

Chez Esperluat, cette mesure d’audience fait partie de notre offre d’hébergement WordPress en infogérance. Vous n’avez rien à installer ni à configurer : nous nous occupons de tout.

  • La mise en place : création de votre site dans Matomo, import de votre historique, réglages conformes aux recommandations de la CNIL.
  • Le suivi e-commerce pour les boutiques WooCommerce : chiffre d’affaires, produits, paniers abandonnés.
  • La qualité des données : filtrage des robots, exclusions mises à jour, contrôles de cohérence réguliers.
  • L’accès à vos statistiques : un compte personnel pour consulter vos tableaux de bord quand vous le souhaitez.
  • La maintenance : mises à jour de Matomo, sauvegardes et sécurité du serveur, hébergé en France chez OVH.

Vous gardez la main sur vos données, nous gardons la main sur la technique.

Questions fréquentes sur Matomo et WordPress

Matomo est-il conforme au RGPD ?

Oui, à condition d’être bien configuré. Auto-hébergé et réglé selon les recommandations de la CNIL, Matomo peut même mesurer l’audience sans demander le consentement.

Faut-il encore une bannière cookies avec Matomo ?

Pas pour Matomo exempté. Si votre site utilise d’autres traceurs (publicité, réseaux sociaux, vidéos intégrées), la bannière reste nécessaire pour ceux-là.

Peut-on récupérer l’historique de Google Analytics ?

Les données de Google Analytics ne se transfèrent pas telles quelles. En revanche, avec notre méthode par les logs, nous pouvons reconstituer plusieurs semaines d’historique à partir des journaux du serveur, ainsi que l’historique des commandes WooCommerce.

Matomo ralentit-il mon site WordPress ?

Avec notre approche, non : aucun script n’est ajouté à vos pages, et aucun plugin ne tourne dans WordPress.

Matomo suit-il les ventes WooCommerce ?

Oui : commandes, chiffre d’affaires, produits vendus et paniers abandonnés, transmis côté serveur.

En résumé

Google Analytics vous fait choisir entre des statistiques incomplètes et des chiffres estimés par un algorithme. Matomo, hébergé et configuré avec soin, vous donne des chiffres réels, sans cookie, sans bannière pour la mesure et sans faire transiter vos données chez un géant américain. Vous souhaitez des statistiques fiables et respectueuses pour votre site WordPress ? Contactez l’équipe Esperluat, nous serons ravis d’en parler avec vous.

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